mardi 17 novembre 2009

Amreeka



J'ai découvert aujourd'hui le film Amreeka.

Ce film raconte l'histoire d'une mère palestinienne et de son fils qui ont un jour la chance de pouvoir partir pour les Etats-Unis. Une chance pensent-ils, alors qu'ils sont obligés de patienter tous les jours aux Check point israéliens, et de subir de nombreuses humiliations.

Ils partent donc. Mais l'Amérique n'est pas le paradis qu'ils avaient imaginé. En plein guerre d'Iraq, les américains acceptent difficilement ces nouveaux venus. La mère qui autrefois travaillais dans une banque est réduis à un job dans un fast-food. Le fils, très bon élève d'une école privé en Israël est sujet de moquerie et tombe dans les travers de l'adolescence occidentale.

Le sujet est téléphoné diront certain. Mais il m'a très fortement touché, alors que je suis en pleine remise en question identitaitre.

Ces deux être humains sont ce qu'ont appelle des "apatrides", des personnes qui ne sont plus chez eux dans leur "pays d'origine" et qui ne sont pas chez eux dans leur nouveau pays.
Ce film me rappelle ma réalité. En France vous me connaissez tous comme le Libanais, mais ici je ne suis qu'un français. Les problèmes de ce pays me semblent infinis. Ce pays est comme le rocher que Sysyphe tente d'amener en haut de sa montagne. Dès qu'une initiative point le bout de son nez, elle est tuée dans l'oeuf en même temps que son auteur. Je comprend maintenant pour quoi mon père à couper les ponts avec ce pays et j'ai l'impression de faire pareil.

Mais ce film m'a rappeller pourquoi j'aime cette culture, cette partie de moi. Ce sont souvent des choses simples comme une musique, un plat ou un paysage qui ravivent en moi un cerain amour de la terre de mes pères.

Alors entre mes différentes identités meutrières*, je cherche aujourd'hui à retrouver ce que je suis et ce que je veux devenir.

http://amreeka.com

* Amin Maalouf, les Identités meurtrières, 1998

vendredi 13 novembre 2009

Saint Rafik, priez pour nous.


Que fait Chirac quand il est dans la merde, il se tourne vers son amis de toujours, Rafik Hariri.

mardi 3 novembre 2009

Amicalement votre

Cette semaine était une semaine d'élection à l'Université. Les étudiants élisent les amicales étudiantes, équivalent de notre BDE. Le principe est le suivant, chaque faculté et institut élit des représentants, scrutin proportionnel pour chaque année. Ainsi à Science Pô nous avions 1 représentant pour les 1A, un pour les 2A, etc... Ces représentants élisent à leur tour le président et le bureau des amicales.

Comme tous ça est très simple, et que nous sommes au Liban, viennent se greffer sur cette élection des considérations purement politiques. Nous avons donc vu s'affronter les partisans de la majorité contre ceux de l'opposition.

Le résultat de tout ceci : une ambiance digne d'un match PSG - OM, affrontements entre les deux partis, slogans politiques magnifiquement beuglés au milieu du campus, et troupes militaires armées à la sortie.

La conclusion de tous ceci, au Liban la politique c'est un sport qui dispose de ses Houliganes.

Au passage on noteras qu'à Sciences Pô nous sommes au dessus de tous cela. Les nombres de candidats correspondant au nombre de poste, nous avons fait jouer notre haute science du consensus pour nous passer d'élections.

lundi 26 octobre 2009

Attention, Mines

Petite découverte récente, Le terrain vague à côté duquel je passe tous les jours pour aller à la fac est miné. J'ai eut l'occasion de m'en apercevoir lors de l'opération de déminage menée par l'armé. Petite précision ici je crois qu'il ne connaissent pas le sens du mot "protection".

Petit souvenir de la guerre civile, en effet l'Université Saint Joseph se situe sur la limite Est de la ligne vert, No man's land qui séparait Beyrouth en deux.

L'emploi abusive du mot petit à pour unique but de rassurer l'ensemble de mes mamans. j'ai toujours mes deux jambes et mes deux bras.

jeudi 22 octobre 2009

Le développement durable

Au cours de ce semestre, je suis un cours sur la coopération internationale, notamment en matière de développement. Si le sujet préoccupe les occidentaux, et les organisations internationales qu'ils ont fondés, il ne faut surtout pas parler de développement durable à un libanais.

L'écologie n'a pas court ici. Les paysages sont remplis d'ordures ménagères vagabondant entre les buissons au grès des vents. Dans un pays sans normes d'urbanisme et soumis au principe du blanchiment d'argent, les immeubles foisonnent, même dans les coins reculés de la montagne. En comparaison la côte d'azur fait figure de réserve naturelle protégée.

Le libanais est un commerçant, on me le répète suffisamment ici. Alors seul compte le gain d'argent rapide et facile. Si ce principe fait la fortune d'un pays qui ne connait pas la crise (tous le fric qui a disparu dans le monde, c'est ici qu'il se trouve).

Alors pour l'écologie et le développement durable, on repassera.

lundi 19 octobre 2009

EDL

Electricité Du Liban est la principale entreprise de production et de fourniture d'électricité du Liban.

Le principale problème du Liban en matière électrique est la surconsommation, ou plutôt l'insuffisance de la production. En effet, avec ses quatre centrales au fuel, EDL produit chaque année 1 500 mégawatts, pour une consommation de 2 300 mégawatts.

Les raisons de cet écart tienne d'abord au déficit entraîné par la production électrique. Le prix actuel du pétrole et la fluctuation du dollars (1 livre libanaise = 1 500 $) rendent difficile l'approvisionnement, en plus des 150 millions de dollars d'électricité qui sont consommés tous les ans sans jamais être payés par un grand nombre de libanais. La République libanaise investie massivement depuis 15 ans dans ce domaine pour améliorer ses équipements (peut être un jour aura-t-on une nouvelle centrale, inch'allah), mais face au formidable redémarrage économique, la production diminue de 3% chaque année.

Les effets sur votre serviteur sont simple, tous les jours l'électricité est coupée à des horaires fluctuants, pour des durées variables allant jusqu'à six heures consécutives. Rassurons-nous le Liban ce n'est pas le Tiers-monde (surtout pas), chaque quartier est équipé de générateur et son escroc (propriétaire) qui distribue sa propre électricité à des prix défiant toute concurrence (50 $ par mois)

Reste à jongler entre les périodes d'électrification, mais maintenant je connais par cœur le chemin quotidien qui mène au disjoncteur.


dimanche 18 octobre 2009

Un seul Dieu ...

Le Liban est république confessionnelle, ce qui signifie que l'ensemble des postes administratifs et politiques sont répartis selon la religion des personnes. De même chaque communauté dispose de son propre régime de loi, notamment en matière de mariage ou d'héritage. Pour la plupart des occidentaux ce système est absurde et contraire aux principes de Laïcité et d'égalité devant la Loi.

Pourtant, il s'agit là d'un héritage de l'empire ottoman qui prévoyait des régimes dérogatoires pour les communautés religieuses non sunnites. Qui à mon goût peut être intéressant, notamment dans un monde où la souveraineté territoriale des Etats est remise en cause. Ainsi l'application du Droit ne se fait pas sur un territoire donné, mais sur une personne selon son identité.

However, je ne tiens pas à vous faire ici un cours de théorie du droit civil, mais juste un petit topo sur les confessions religieuses, histoire de vous montrer comment c'est compliqué. Il y en a 18 ^^

Les Chrétiens

Maronites
Grecs Catholiques
Grecs Orthodoxes
Syriaques catholiques
Syriaques orthodoxes
Arméniens orthodoxes
Arméniens catholiques
Assyriens
Chaldéens (Eglise d'origine irakienne)
Coptes (Eglise d'origine égyptienne)
Catholiques romains (comme nous)
Protestants

Les musulmans

Sunnites
Chiites
Druzes
Alaouites
Ismaeliens

et pour finir il existe encore une communauté juive (si si)

Voilà, j'espère ne pas vous avoir perdu, sinon ne vous en faites pas même les Libanais le sont.